Démocratie d’empêchement
« (...) nous sommes entrés dans un âge indissociablement faible et négatif du politique. Les « refusants » contemporains ne sont plus à l’image des anciens rebelles ou des dissidents. Leur attitude ne dessine aucun horizon ; elle ne les dispose pas à une action critique pour agir ; elle n’a aucune dimension prophétique. Ils expriment simplement de façon désordonnée et rageuse le fait qu’ils ne savent plus donner sens aux choses et trouver leur place dans le monde. Ils ne pensent du même coup pouvoir exister qu’en vouant symétriquement toujours plus aux gémonies un monde des « refusés » sous les diverses espèces de l’étranger, de l’immigré ou du « système » : ils doivent détester pour espérer. » C’est par ces mots que Pierre Rosanvallon conclut le deuxième chapitre de La contre-démocratie[1].
Faire de l’avenir
Avec 58,4%, le taux d'abstention au second tour des municipales 2020 est supérieur de 20 points aux élections de 2014. Et encore, le calcul de l'abstention ne prend pas en compte les 3 millions de citoyens non-inscrits sur les listes électorales. A tel point que dans certaines communes comme Mulhouse, Vénissieux ou Vaulx-en-Velin, les maires n'ont été élus que par environ 10% des inscrits.
Ma chère Yvonne
Ma chère Yvonne,
Une fois n'est pas coutume, j'ai décidé de sortir de ma réserve. Il paraît que c'est l'année de mes anniversaires et autres commémorations, alors j'en profite. On me dit que mon jeune successeur s'exprimera ce soir devant les Français. A-t-il choisi cette date à dessein ? Je ne sais pas, mais toujours est-il qu'il y a exactement soixante ans, ce même jour, le 14 juin 1960, je prononçai une allocution depuis l'Élysée, retransmise par la magie de l'ORTF.